Interview Christelle LAMOINE Co-fondatrice de Rheonova "La mission que nous nous donnons est de rendre la rhéologie accessible à des non-spécialistes."

FRENCH FLAIR a rencontré Christelle LAMOINE, co-fondatrice de Rheonova, société spécialisée dans l'optimisation des matériaux fluides et des procédés associés, notamment depuis peu, dans le domaine de la santé, grâce à la création de dispositifs innovants pour la mesure des propriétés rhéologiques de fluides biologiques.

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Marlène : Bonjour ! Pouvez-vous me présenter l’entreprise Rheonova ?

Christelle LAMOINE : Bonjour ! Rheonova est une jeune entreprise composée de 10 personnes, qui a été créée en juillet 2014 et dont le cœur d’expertise est la rhéologie. La rhéologie est une science qui étudie les comportements des matériaux fluides comme par exemple les produits cosmétiques, alimentaires ou la peinture. Ces études permettent un contrôle de qualité pour vérifier que la formulation d’un produit est bonne et qu’elle est conforme à ce que l’entreprise attendait. Elles peuvent également servir à la R&D, la production mais aussi le service marketing, pour comparer le produit à celui des concurrents. Notre entreprise est basée sur du service et de l’expertise en rhéologie dédiée à différents secteurs industriels.

Notre deuxième activité concerne la santé. Le corps humain est composé de fluides comme le sang ou les sécrétions bronchiques. La rhéologie est alors utilisée pour comprendre le fonctionnement de ces fluides dans le corps humain. Différentes rencontres, notamment avec une société de biotechnologie, nous ont amenés à nous intéresser aux sécrétions bronchiques. Ces sécrétions sont en effet étudiées pour de nombreuses pathologies respiratoires comme la mucoviscidose et la BPCO. Ces pathologies sont intéressantes puisque selon l’OMS, d’ici 2020, elles seront la troisième cause de mortalité dans le monde.

Ce que nous apportons dans ce cadre, c’est un outil : Rheomuco. C’est un dispositif de mesure dédié à l’analyse des sécrétions bronchiques. Nous le commercialisons auprès de laboratoires académiques, de sociétés de biotechnologie et de sociétés pharmaceutiques qui travaillent sur le développement de nouveaux médicaments qui touchent ces pathologies. Notre machine ne nécessite pas de programmation, il suffit de déposer l’échantillon et d’appuyer sur un bouton pour avoir les résultats directement analysables, pas besoin d’être un spécialiste en rhéologie. La mission que nous nous donnons est de rendre la rhéologie accessible à des non-spécialistes.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’un dispositif médical mais d’un outil de recherche. À savoir qu’il n’est pas question de suivi de patient mais de mise au point de médicaments et de compréhension des mécanismes appliqués dans ces pathologies. Pour devenir un dispositif médical, il nous faut encore suivre des étapes réglementaires et mener des études cliniques. En ce moment nous terminons une première étude clinique menée au CHU de Grenoble.

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Marlène : Quelle sont les prochaines étapes pour que Rheomuco puisse accéder au statut de « dispositif médical » ?

Christelle LAMOINE : Les prochaines étapes, ce sont d’autres études cliniques car elles sont la preuve que notre appareil est efficace. À ce jour, quelques publications plus ou moins récentes et encourageantes ont été faites mais personne ne s’est encore lancé dans la réalisation d’un outil utilisable par quelqu’un d’autre qu’un rhéologue.

Le but du dispositif médical est de suivre le patient dans le temps et de valider l’efficacité des traitements qu’il prend, voire d’anticiper les crises en observant les déviances. Dans le cas de la BPCO, le dispositif médical permettrait de la déceler plus rapidement. Aujourd’hui la BPCO est une maladie incurable en partie car elle est décelée très tardivement et souvent confondue avec une bronchite chronique. Il serait donc intéressant d’amener un diagnostic ou même un dépistage pour une prise en charge précoce de la maladie.

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Marlène : Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

Christelle LAMOINE : La première valeur de notre entreprise est le challenge. C’est un terme qui parle beaucoup à nos équipes en interne. En effet, le challenge c’est par exemple de s’être lancés dans le domaine médical, le fait de renouveler nos services sans cesse, mais aussi le fait d’avoir des appareils que les autres n’ont pas.

Notre deuxième valeur est la synergie. C’est un élément important : la synergie avec le client pour que notre service fonctionne et la synergie des compétences et des expertises en interne et avec nos partenaires et prestataires.

Marlène : Que mettez-vous en place pour manager vos collaborateurs, chez Rheonova ?

Christelle LAMOINE : Je peux vous donner quelques exemples d’actions que nous menons pour favoriser la cohésion et l’efficacité de l’équipe. Par exemple, nous proposons des formats de réunion constamment renouvelés. Récemment, nous avons soumis un questionnaire de satisfaction interne à nos salariés pour avoir leur avis objectif. Ce questionnaire était anonyme. Il a ainsi permis de mettre en évidence ce qui était important pour les salariés, en l’occurrence, l’ambiance générale de l’entreprise et le fait qu’ils en sont satisfaits à ce jour. Le questionnaire a également montré les points faibles de notre management afin que l’équipe dirigeante puisse s’améliorer et que nos collaborateurs s’épanouissent pleinement dans l’entreprise.

Marlène : Quels sont vos projets et objectifs pour cette année ?

Christelle LAMOINE : En 2017, nous allons commercialiser le premier dispositif Rheomuco, avec tout ce que cela implique en matière de structuration d’activité commerciale, de production et de projets d’industrialisation. En parallèle, il faut que nous trouvions des financements et montions de nouvelles études cliniques pour les futurs dispositifs médicaux.

Enfin, nous comptons recruter 3 à 4 personnes cette année pour nous développer.

Marlène : Merci beaucoup de m’avoir reçue et bonne continuation !